[Dossier] Les dystopies dans la littérature mais pas que …

que j’aimais les dystopies sans jamais en faire un article … C’est un peu dommage mais c’est parti 🙂
Comme d’habitude, je vais reprendre wikipedia parce que l’article est vraiment bien fait et est beaucoup plus complet que ce que j’aurais pu faire…
Une dystopie est un récit de fiction dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu’il soit impossible de lui échapper et dont les dirigeants peuvent exercer une autorité totale et sans contrainte de séparation des pouvoirs, sur des citoyens qui ne peuvent plus exercer leur libre arbitre.
Une dystopie peut également être considérée, entre autres, comme une utopie qui vire au cauchemar et conduit donc à une contre-utopie ; l’auteur entend ainsi mettre en garde le lecteur en montrant les conséquences néfastes d’une idéologie (ou d’une pratique) contemporaine.
De fait, la différence entre dystopie et utopie tient davantage à la forme littéraire et à l’intention de son auteur qu’au contenu : en effet, nombre d’utopies positives peuvent également se révéler effrayantes.Le genre de la dystopie est souvent lié à la science-fiction, mais pas systématiquement, car il relève avant tout de l’anticipation.
Ainsi, l’impact que ces romans ont eu sur la science-fiction a souvent amené à qualifier de dystopie toute œuvre d’anticipation sociale décrivant un avenir sombre.Les mondes terrifiants décrits dans ces romans ont souvent tendance à faire croire qu’une dystopie est, par définition, la description d’une dictature sans égard pour les libertés fondamentales.
Il existe cependant des contre-exemples et la critique est divisée quant aux relations entretenues entre la dystopie et les régimes politiques qu’elle vise.
Que la dystopie soit par nature une critique d’un système politique ou idéologique précis (et en particulier une critique du totalitarisme) est un point qui demeure débattu dans les milieux universitaires.Cette forme littéraire a été popularisée par des romans devenus des classiques du genre dystopique : Le meilleur des mondes (1932) d’Aldous Huxley
, 1984 (1949) de George Orwell, Fahrenheit 451 (1953) de Ray Bradbury, Soleil Vert (1966) de Harry Harrison, Un bonheur insoutenable (1970) de Ira Levin.
Le genre a connu des déclinaisons dans d’autres domaines artistiques, notamment au cinéma, avec de nombreuses adaptations de romans dystopiques, mais aussi des créations originales, comme Metropolis (1927) de Fritz Lang, THX 1138 (1971) de George Lucas, Brazil de Terry Gilliam (1985), Bienvenue à Gattaca (1997) d’Andrew Niccol
…
Ainsi, la dystopie s’oppose à l’utopie, terme forgé par l’écrivain anglais Thomas More à partir du grec οὐ-τόπος / ou-tópos « en aucun lieu ».
L’« Utopia » constitue en effet une sorte de jeu de mots : la prononciation anglaise du XIXe siècle ne distinguait pas la prononciation des préfixes εὖ- / eū-, « heureux » et οὐ- / ou-, négation marquant l’inexistence : l’utopie est étymologiquement un lieu heureux et inexistant.
D’un point de vue étymologique, dystopie signifie donc « mauvais lieu », « lieu néfaste », un lieu en tout cas connoté négativement ; la fin du XIXe siècle a vu naître la dystopie (ou contre-utopie), davantage proche de la science-fiction, et dont l’exemple le plus connu est 1984 du britannique George Orwell (1949).
Dans la dystopie, le projet utopique est présenté comme réalisé : les bonnes lois sont appliquées et tout le monde est donc censé être heureux.
Mais cette réalisation n’est pas, comme dans l’utopie, présentée par les yeux du Sage ou des gouvernants.
Elle est vécue au quotidien par des habitants du lieu, qui subissent ces lois, dont on s’aperçoit alors, à leur souffrance, qu’elles ne sont pas aussi bonnes que le discours officiel le prétend.
Ce renversement du point de vue passe par la révolte d’un héros, qui retrouve lucidité et conscience de soi, en général après une rencontre avec l’amour (interdit).
La mise en scène de cette révolte dans le cadre d’un récit, les péripéties de la lutte font de ces textes des parents proches de la science-fiction, d’autant que ces dystopies se situent dans l’avenir, comme on le voit avec 1984 (1949) ou Le Meilleur des mondes (1932) de Aldous Huxley, qui se situe en l’an 2500.
Il en va de même du roman Les Monades urbaines de R. Silverberg (1971), où un historien d’un futur surpeuplé se penche sur notre présent pour repenser ce qu’est l’intimité.
Certains critiques toutefois utilisent simultanément plusieurs de ces termes pour opérer des distinctions plus fines.
Le but est généralement de distinguer (1) les récits peignant des avenirs sombres des (2) récits visant à récuser la pensée utopique.
Les couples de termes opposés sont très variables.
Par exemple :
- (1) dystopie et (2) contre-utopie
- (1) dystopie et (2) anti-utopie
- (1) contre-utopie et (2) anti-utopie.
La question des relations entre les genres dystopiques et utopiques demeure un sujet débattu.
Cette absence de consensus, compliquée par l’origine anglaise du mot « dystopie », explique en partie les divergences terminologiques existant dans la littérature critique.
L’écrivain et critique littéraire Éric Essono Tsimi considère que la contre-utopie est un genre à part, une spécificité francophone.
Il la décrit comme la réponse littéraire, entre autres, à l’immigration de masse et au terrorisme.
Le philosophe Christian Godin distingue la dystopie anglo-saxonne de la contre-utopie française.
Avec la contre-utopie, l’utopie est habitée d’une manière nouvelle : si celle-ci se réfère à un lieu qui n’a pas de place, n’étant qu’une création de l’imagination de l’auteur, la contre-utopie, a contrario, se réfère à un « topos », un lieu réel, identifié, et un avenir immédiat voire tout juste passé.
La contre-utopie française bien servie par Michel Houellebecq, Boualem Sansal, Jean Rolin, Abdourahman Waberi et de nombreux auteurs déclinistes, serait selon lui un masque (quelque chose qui empêche de comprendre la vérité nue) ou le vrai visage (prophétie) de la (néo) décadence occidentale.
La prise en compte de cette spécificité générique permettrait de poser la contre-utopie comme genre littéraire, discours politique et performance publique.
Dystopie et science-fiction
Parce que la dystopie vise à présenter sous forme narrative les conséquences néfastes d’une idéologie, l’univers qu’elle décrit ne s’éloigne du nôtre que par les seules transformations sociales ou politiques que l’auteur désire critiquer.
Rapprocher l’univers dystopique du nôtre, c’est un moyen pour l’auteur de rendre sa dénonciation plus efficace.
Il est donc naturellement amené à situer son univers dystopique dans un futur plus ou moins proche et à en exclure toute dimension fantastique qui viendrait affaiblir son argumentation.
Anticipation, mouvement rationnel de l’Histoire : ces caractéristiques rapprochent naturellement le projet dystopique de la science-fiction.
C’est pourquoi la dystopie est souvent considérée comme un sous-genre de la science-fiction.
Les deux genres se distinguent néanmoins dans leur traitement de la science et de l’innovation technologique.
En effet, si la science-fiction imagine des découvertes scientifiques ou technologiques, les met en scène et s’interroge sur leurs conséquences, le champ spéculatif de la dystopie est en revanche centré sur les conséquences possibles des changements d’ordre politique.
Dans une dystopie, l’évolution technologique n’est pas un facteur déterminant : les trouvailles technologiques (« télécrans » dans 1984, méthodes de clonage et de manipulation des fœtus dans Le Meilleur des Mondes) ne sont pas des phénomènes dont les conséquences sont analysées, ils sont les conséquences d’une volonté politique, volonté de surveillance dans 1984, volonté de modeler les humains aux besoins de la société dans Le Meilleur des Mondes.
D’ailleurs, les innovations technologiques présentées dans les plus célèbres des dystopies n’ont pas l’aspect spectaculaire qu’elles ont souvent dans la science-fiction.
Elles se sont souvent montrées parfaitement réalisables a posteriori : la télésurveillance est aujourd’hui commune, et le clonage animal, qui laisse présager du clonage humain, est également une réalité.
Quant aux postulats scientifiques surnaturels ou métaphysiques ils n’ont tout simplement pas leur place dans la dystopie.
Ainsi, si la dystopie s’inscrit dans le cadre du texte d’anticipation en décrivant un univers futur plus ou moins proche, son objet spécifique la distingue de la science-fiction classique.
Les auteurs des premières dystopies ne sont d’ailleurs pas des auteurs de science-fiction. Les frontières entre les deux genres demeurent toutefois poreuses : la science-fiction qui se préoccupe de problèmes politiques et sociaux, intègre bien souvent des thèmes issus des contre-utopies.
Dystopie et monde futuriste sombre
Il convient, pour saisir la signification du terme de contre-utopie, de revenir au sens de l’utopie.
Une utopie, c’est-à-dire une société idéale, n’est pas le fruit d’un concours de circonstances mais le résultat d’un plan réfléchi.
Les sociétés utopiques, comme celle de Thomas More, sont « parfaites » parce que voulues comme telles.
De même, une contre-utopie n’est pas simplement la description d’un monde effrayant : elle est la description d’un monde rendu effrayant par la réalisation raisonnée et consciente d’un projet politique.
Les mondes de 1984, de Nous Autres ou du Meilleur des Mondes sont des contre-utopies en ce sens qu’ils sont, de même que les mondes « parfaits » des utopies, des créations visant à réaliser sur Terre un certain idéal.
Il apparaît donc abusif de qualifier de contre-utopie toute création littéraire visant à décrire un avenir terrifiant.
Les univers décrits par la littérature cyberpunk, la plupart des mondes post-apocalyptiques et, en général, les récits de science-fiction anticipant sur les dérives de notre société ne peuvent être qualifiés de contre-utopiques, même s’ils ont des points communs avec la contre-utopie, car ces mondes ne sont pas le fruit d’un projet politique précis.
La naissance du régime soviétique et, plus tard, la menace du totalitarisme offraient des thèmes idéaux à la naissance et au développement de la contre-utopie.
Les perspectives nouvelles de prospérité et de bonheur pour tous offertes dès la première moitié du XXe siècle par la société de consommation naissante (permise par le taylorisme) aux États-Unis offrent, quant à elles, la matière première du Meilleur des Mondes de Huxley.
Dystopie et communisme
Selon certains critiques, l’histoire de l’utopie et de son prolongement en contre-utopie est étroitement liée à celle du communisme au sens le plus large du terme.
Plusieurs siècles avant la parution du Manifeste du Parti communiste de Karl Marx et Friedrich Engels, les utopies de la Renaissance proposent des modèles de sociétés collectivistes.
Thomas More, qui compatit au sort misérable des paysans sans terre de l’Angleterre du XVIe siècle, et voit dans la propriété privée la principale cause des malheurs de son époque, invente une société, l’Utopie, dont la principale caractéristique est de récuser la propriété individuelle.
La Cité du Soleil de Campanella présente elle aussi un système de type collectiviste.
Au XIXe siècle, l’utopie prend une tournure plus pratique.
Les utopistes ne sont plus simplement des théoriciens mais des militants.
On parle alors de socialisme utopique pour qualifier les œuvres d’auteurs tels que Saint-Simon, Robert Owen ou Charles Fourier.
Des créations de micro-sociétés utopiques sont tentées comme la secte des Shakers aux États-Unis ou le Familistère de Jean-Baptiste André Godin, d’inspiration fouriériste. Ces expériences n’ont connu qu’un succès limité.
Au XXe siècle, des régimes se réclamant du socialisme, du communisme et du marxisme s’établissent pour la première fois en Europe et ailleurs.
C’est à ce moment que les dystopies majeures de l’histoire littéraire voient le jour.
Nous autres de Ievgueni Zamiatine est écrit en Russie en 1920, c’est-à-dire au lendemain de la Révolution soviétique.
Alors même que le régime soviétique n’en est qu’à ses balbutiements, Zamiatine dénonce les risques de la société qui se dessine en Russie : au nom de l’égalité et de la rationalité, l’État décrit dans Nous autres organise et contrôle méticuleusement les moindres aspects de l’existence de ses citoyens ; la vie privée est abolie.
Nous autres n’est pas une critique visant spécifiquement le marxisme, Zamiatine critique la volonté de vouloir planifier et rationaliser tous les aspects de l’existence et de refuser à l’homme le droit à toute fantaisie.
En 1949, le roman 1984 s’attaque lui aussi à un régime communiste, le régime stalinien.
Il serait cependant exagéré d’en faire une critique de la doctrine marxiste.
Le monde de 1984 ne ressemble en effet en rien à une société égalitariste.
Selon ses propres déclarations, ce que dénonce Orwell dans son roman, c’est le totalitarisme qu’incarne en 1949 le régime de Joseph Staline mais, plus encore, le danger d’une généralisation mondiale de ce totalitarisme : il pense que « les graines de la pensée totalitaire se sont déjà répandues » dans la jeune classe politique de 1948.
Écrivain engagé à gauche, Orwell souhaitait par ce roman combattre la fascination qu’exerçait sur un certain nombre d’intellectuels britanniques de l’époque le régime soviétique.
Le monde de 1984 n’est pas l’URSS de 1948 (il est bien pire) mais de nombreux détails y font allusion : l’Océania est dirigé par un parti (nommé simplement « le Parti »), la doctrine officielle s’appelle « angsoc » (« socialisme anglais »), le visage de Big Brother rappelle celui de Staline et la falsification des documents fait allusion aux falsifications des photographies opérées par le régime soviétique de l’époque.
Ainsi, il existe bien des relations entre le développement des idéologies communistes et du genre dystopique.
Cependant, l’existence de dystopies dont la cible est différente comme Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley et Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, qui critiquent plutôt la société de consommation, voire de dystopies prenant fait et cause pour le marxisme et nettement anti-capitaliste comme Le Talon de fer de Jack London montrent que la dystopie est avant tout une arme rhétorique « neutre » pouvant s’appliquer à n’importe quelle idéologie, au choix de l’auteur.
Dystopie et conservatisme
D’autres critiques envisagent la dystopie comme un genre essentiellement conservateur et réactionnaire, œuvrant à l’encontre des forces du progrès social.
En effet, en s’opposant à des courants idéologiques en plein essor au moment de sa rédaction, la dystopie défend de fait le statu quo et valorise implicitement le présent, fût-il critiquable, au détriment des projets progressistes.
Cet avis est celui de Régis Messac qui, pendant l’hiver 1936-37, publie La Négation du progrès dans la littérature moderne ou Les Antiutopies.
La thèse qu’il y expose est celle d’une continuité entre les critiques du socialisme et de l’utopie du XIXe siècle et les prémices de la dystopie telles qu’il les observe dans le premier tiers du XXe siècle.
À une époque plus contemporaine, ce type de critique a été produit à l’encontre de 1984 de George Orwell.
Ainsi la critique Nadia Khouri estime-t-elle qu’Orwell se situe pleinement dans la tradition de la dystopie qui est par nature « nihiliste et réactionnaire » :
« À l’instar des autres anti-utopies, 1984 organise toute sa rhétorique pour s’en prendre aux forces historiques montantes qui menacent de détruire les structures et les principes traditionnels. »
Selon elle, en dépit de l’adhésion proclamée d’Orwell au socialisme, 1984 ne correspond en aucune manière à « une conception véritablement progressiste ou socialiste ».
Dystopie et conditionnement
Les utopies de la Renaissance puis de l’âge classique ne sont pas des sociétés paradisiaques offrant à l’homme un cadre de vie répondant à tous ses besoins et ses désirs. Thomas More, le premier, voit dans l’égoïsme et la cupidité les causes de l’injustice de toutes les sociétés existantes et son utopie est un projet d’amélioration morale de l’homme.
Les sociétés idéales ne le sont que parce qu’elles ont su faire de l’homme un être meilleur, plus civilisé et capable de servir sa communauté avant ses propres intérêts.
Or, dès la naissance des utopies, leurs auteurs n’ont pu parvenir à ces résultats qu’en imposant un certain nombre de lois contraignantes : l’égoïsme et l’avidité sont empêchés, dans l’utopie de More, par l’interdiction absolue de toute propriété privée.
Les contre-utopies dénoncent dans les utopies l’incapacité de celles-ci à changer véritablement l’homme pour en faire un être heureux et digne de bonheur.
Les œuvres de Huxley, Orwell, Zamiatine ou Silverberg soulignent le caractère superficiel des changements que les États contemporains ont pu imposer à la nature humaine.
Ceux-ci n’ont pas su changer l’homme en profondeur et n’ont pu agir que sur son comportement.
Ainsi :
- dans 1984, l’État entend modifier l’esprit humain par l’usage du « novlangue » et de la « doublepensée ».
Le « novlangue » est une langue volontairement appauvrie dont le but est d’empêcher ses locuteurs de formuler des pensées complexes et d’exercer leur esprit critique.
La « doublepensée » est une sorte de gymnastique mentale consistant à accepter comme également vraies des propositions contradictoires.
Son but est également de détruire chez l’individu tout sens logique.
Ces procédés ne réussissent pourtant pas à faire accepter aux habitants de l’Océania leurs conditions de vie.
Orwell insiste sur le fait que, même dépourvus de tous moyens intellectuels de contester l’ordre en place, les personnages de son roman n’en continuent pas moins de ressentir instinctivement que leur vie est inacceptable.
Les méthodes du Parti n’ont pas pu venir à bout des besoins et des goûts de l’homme et n’ont su que les refouler comme en témoigne l’exemple du personnage de Parsons, fervent partisan du régime qui insulte pourtant Big Brother contre son propre gré durant son sommeil - dans Le Meilleur des mondes, les individus sont conditionnés dès leur plus jeune âge par l’écoute durant leur sommeil de slogans et d’aphorismes censés s’imprimer pour la vie dans leur esprit et visant à leur dicter le comportement à adopter dans toutes les situations.
Les personnages du roman de Huxley sont ainsi dispensés d’avoir jamais à penser et échappent aux tourments qui pourraient en résulter.
Ils sont également façonnés de manière à toujours se comporter conformément aux attentes de leur société.
Cependant, tout comme leurs homologues de 1984, ils n’échappent pas à l’angoisse, angoisse renforcée par leur incapacité à mettre des mots sur ce qu’ils peuvent éprouver.
D’où le recours régulier à une drogue (nommée « soma ») sans laquelle leur vie ne saurait être supportable.
Ici encore, l’utopie n’a pas réussi à faire un homme nouveau.
Les contre-utopies dénoncent donc la prétention utopique à changer l’homme par conditionnement.
« [Les prêtres] apportent tous leurs soins à instiller dans les âmes encore tendres et dociles des enfants les saines doctrines qui sont la sauvegarde de l’État.
Si elles y ont profondément pénétré, elles accompagnent l’homme sa vie entière et contribueront grandement au salut public, lequel n’est menacé que par les vices issus de principes erronés. »
— Thomas More, L’Utopie
Prétention qui n’aboutit qu’à l’aliénation, au refoulement et à la névrose.
C’est parti pour une liste non exhaustive d’oeuvres 🙂
Je reprends la liste de wikipedia (en enlevant un peu)
Je pensais avoir posté plus de fiches que ça …. je me les rajoute dans ma pile xD
Par ordre chronologique
En littérature
- 1895 : H. G. Wells, La Machine à explorer le temps [« The Time Machine »]
- 1899 : H. G. Wells, Quand le dormeur s’éveillera [« When the Sleeper wakes »]
- 1907 : Jack London, Le Talon de fer
- 1912 : Jack London, La Peste écarlate
- 1920 : Evgueni Zamiatine, Nous autres
- 1925 : Franz Kafka, Le Procès
- 1932 : Aldous Huxley, Le Meilleur des mondes [« Brave New World »]
- 1943 : René Barjavel, Ravage
- 1949 : George Orwell, 1984 [« Nineteen Eighty Four »]
- 1953 : Ray Bradbury, Fahrenheit 451
- 1956 : Shozo Numa, Yapou, bétail humain
- 1958 : Robert Sheckley, Le Prix du danger
- 1963 : Pierre Boulle, La Planète des singes
- 1966 : Philip K. Dick, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?
- 1968-1974 : John Brunner, La tétralogie noire
- 1968 : John Brunner, Tous à Zanzibar
- 1970 : Ira Levin, Un bonheur insoutenable
- 1971 : Robert Silverberg, Les monades urbaines
- 1975 : Ursula Le Guin, Les Dépossédés, [The Dispossessed]
- 1982 : Stephen King, Running Man (basé sur Le Prix du danger de Robert Sheckley)
- 1984 : William Gibson, Neuromancien
- 1985 : Margaret Atwood, La Servante écarlate
- 1999 : Alain Damasio, La Zone du Dehors
- 2003 : Margaret Atwood, Le Dernier Homme
- 2005 : Amélie Nothomb, Acide sulfurique
- 2009 : Margaret Atwood, Le Temps du déluge
- 2009 : Jasper Fforde, La Route de Haut-Safran
- 2014 : Pierce Brown, Red Rising
- 2015 : Michel Houellebecq, Soumission
En littérature de jeunesse
- 1993 : Lois Lowry, Le Quatuor
- 2007 : Scott Westerfeld, Uglies
- 2007 : Gemma Malley, La Déclaration
- 2008 : Suzanne Collins, The Hunger Games
- 2011 : Véronica Roth, Divergent
- 2011 : Ally Condie, Promise
- 2011 : Marie Lu, Legend
- 2012 : Alexandra Bracken, Darkest Minds : Rébellion
- 2012 : Kiera Cass, La sélection
- 2014 : Amy Engel, The book of Ivy
- 2018 : Maiwenn Alix, In Real Life
- 2022 : Veronica Roth, Poster Girl
- 2024 : Christelle Dabos, Nous
Au cinéma
- 1922 : Fritz Lang – Docteur Mabuse le joueur
- 1927 : Fritz Lang – Metropolis
- 1936 : William Cameron Menzies – Les Mondes futurs
- 1956 : Michael Anderson – 1984
- 1956 : Fred McLeod Wilcox – Planète interdite
- 1956 : Don Siegel – L’Invasion des profanateurs de sépultures
- 1959 : Stanley Kramer – Le Dernier Rivage
- 1960 : George Pal – La Machine à explorer le temps (The Time Machine)
- 1962 : Chris Marker – La Jetée
- 1962 : Orson Welles – Le Procès
- 1963 : Peter Brook – Sa Majesté des mouches
- 1964 : Ubaldo Ragona et Sidney Salkow – Je suis une légende (The Last Man on Earth)
- 1966 : François Truffaut – Fahrenheit 451
- 1968 : Franklin Schaffner – La Planète des singes (Planet of the Apes)
- 1971 : Stanley Kubrick – Orange mécanique (A Clockwork Orange)
- 1971 : Boris Sagal – Le Survivant (The Omega Man)
- 1971 : George Lucas – THX 1138
- 1972 : J. Lee Thompson – La Conquête de la planète des singes (Conquest of the Planet of the Apes)
- 1973 : Richard Fleischer – Soleil vert (Soylent Green)
- 1973 : Michael Crichton – Mondwest (Westworld)
- 1976 : Nicolas Roeg – L’Homme qui venait d’ailleurs (The Man Who Fell to Earth)
- 1978 : Philip Kaufman – L’Invasion des profanateurs
- 1979 : George Miller – Mad Max
- 1980 : Burt Brinckerhoff – Brave New World
- 1981 : John Carpenter – New York 1997 (Escape from New York)
- 1981 : Piotr Szulkin – La Guerre des mondes
- 1981 : George Miller – Mad Max 2 : Le Défi
- 1981 : Peter Hyams – Outland
- 1981 : David Cronenberg – Scanners
- 1982 : Ridley Scott – Blade Runner
- 1983 : Luc Besson – Le Dernier Combat
- 1984 : Michael Radford – 1984
- 1984 : James Cameron – Terminator
- 1985 : Terry Gilliam – Brazil
- 1985 : George Miller et George Ogilvie – Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre
- 1987 : Paul Verhoeven – RoboCop
- 1987 : Paul Michael Glaser – Running Man
- 1987 : Katsuhiro Ōtomo – Akira
- 1988 : John Carpenter – Invasion Los Angeles (They Live)
- 1989 : Tim Burton – Batman
- 1989 : Michael Anderson – Millenium
- 1990 : Volker Schlöndorff – La Servante écarlate (The Handmaid’s Tale)
- 1990 : Paul Verhoeven – Total Recall
- 1991 : James Cameron – Terminator 2 : Le Jugement dernier
- 1992 : Luis Puenzo – La Peste
- 1993 : Marco Brambilla – Demolition Man
- 1993 : Rocky Morton et Annabel Jankel – Super Mario Bros.
- 1995 : Terry Gilliam – L’Armée des douze singes (12 Monkeys)
- 1995 : Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet – La Cité des enfants perdus
- 1995 : Mamoru Oshii – Ghost in the Shell
- 1995 : Danny Cannon – Judge Dredd
- 1995 : Kevin Reynolds – Waterworld
- 1996 : Christian Duguay – Planète hurlante (Screamers)
- 1996 : John Carpenter – Los Angeles 2013 (Escape from L.A.)
- 1997 : Luc Besson – Le Cinquième Élément
- 1997 : Hideaki Anno – The End of Evangelion
- 1997 : Paul Verhoeven – Starship Troopers
- 1997 : Andrew Niccol – Bienvenue à Gattaca (Gattaca)
- 1998 : Alex Proyas – Dark City
- 1998 : Gary Ross – Pleasantville
- 1999 : David Cronenberg – eXistenZ
- 1999-2003 : Les Wachowski – Matrix
- 2000 : Kinji Fukasaku – Battle Royale
- 2001 : Steven Spielberg – A.I. Intelligence artificielle (Artificial Intelligence: A.I.)
- 2001 : Rintarō – Metropolis
- 2002 : Steven Spielberg – Minority Report
- 2002 : Kurt Wimmer – Equilibrium
- 2002-2016 : Paul WS Anderson – Série Resident Evil
- 2002 : George Lucas – Star Wars, épisode II : L’Attaque des clones
- 2002 : Simon Wells – La Machine à explorer le temps
- 2003 : Michael Winterbottom – Code 46
- 2003 : Jonathan Mostow – Terminator 3 : Le Soulèvement des machines
- 2004 : Michel Gondry – Eternal Sunshine of the Spotless Mind
- 2004 : Alex Proyas – I, Robot
- 2005 : Michael Bay – The Island
- 2005 : Joss Whedon – Serenity
- 2005 : George Lucas – Star Wars, épisode III : La Revanche des Sith
- 2006 : Robert Edwards – Coups d’État (Land of the Blind)
- 2006 : Kurt Wimmer – Ultraviolet
- 2006 : James McTeigue – V pour Vendetta (V for Vendetta)
- 2006 : Alfonso Cuarón – Les Fils de l’homme (Children of Men)
- 2006 : Mike Judge – Idiocracy
- 2007 : Francis Lawrence – Je suis une légende
- 2008 : Fernando Meirelles – Blindness
- 2008 : Sheldon Wilson – Planète hurlante 2 (Screamers: The Hunting)
- 2008 : Andrew Stanton – WALL-E
- 2009 : Ivan Engler et Ralph Etter – Cargo
- 2009 : Michael et Peter Spierig – Daybreakers
- 2009 : Neill Blomkamp – District 9
- 2009 : Tarik Saleh – Metropia
- 2009 : John Hillcoat – La Route
- 2009 : Zack Snyder – Watchmen : Les Gardiens
- 2010 : Albert et Allen Hughes – Le Livre d’Eli
- 2011-xx : La Planète des singes(Seconde série de films)
- 2011 : Scott Charles Stewart – Priest
- 2011 : Andrew Niccol – Time Out
- 2012 : Gary Ross – Hunger Games (The Hunger Games)
- 2012 : Rian Johnson – Looper
- 2012 : Len Wiseman – Total Recall : Mémoires programmées
- 2012 : David Cronenberg – Cosmopolis
- 2013 : Ari Folman – Le Congrès
- 2013 : Neill Blomkamp – Elysium
- 2013 : James DeMonaco – American Nightmare (The Purge)
- 2013 : Francis Lawrence – Hunger Games : L’Embrasement (The Hunger Games: Catching Fire)
- 2013 : Joseph Kosinski – Oblivion
- 2013 : Bong Joon-ho – Snowpiercer : Le Transperceneige
- 2013 : Gavin Hood – La Stratégie Ender
- 2013 : Terry Gilliam – Zero Theorem
- 2014 : James DeMonaco – American Nightmare 2: Anarchy (The Purge: Anarchy)
- 2014 : Neil Burger – Divergente (Divergent)
- 2014 : Phillip Noyce – The Giver
- 2014 : Francis Lawrence – Hunger Games : La Révolte, partie 1
- 2014 : Wes Ball – Le Labyrinthe
- 2014 : José Padilha – RoboCop
- 2014 : Wally Pfister – Transcendance
- 2014 : Bryan Singer – X-Men: Days of Future Past
- 2015 : Neill Blomkamp – Chappie
- 2015 : Robert Schwentke – Divergente 2 : L’Insurrection
- 2015 : Francis Lawrence – Hunger Games : La Révolte, partie 2
- 2015 : George Miller – Mad Max: Fury Road
- 2016 : Robert Schwentke – Divergente 3 : Au-delà du mur
- 2016 : James DeMonaco – American Nightmare 3 : Élections (The Purge: Election Year)
- 2017 : Denis Villeneuve – Blade Runner 2049
- 2017 : Tommy Wirkola – Seven Sisters
- 2018 : Gerard McMurray – American Nightmare 4 : Les Origines
- 2018 : Ramin Bahrani – Fahrenheit 451
- 2018 : Drew Pearce – Hotel Artemis
- 2018 : Wes Anderson – L’Île aux chiens
- 2018 : Wes Ball – Le Labyrinthe : Le Remède mortel
- 2018 : Christian Rivers – Mortal Engines
- 2018 : Steven Spielberg – Ready Player One
- 2019 : Robert Rodriguez – Alita: Battle Angel
- 2023 : Francis Lawrence – Hunger Games : La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur
- 2024 : Alex Garland – Civil war
- 2024 : Caitlin Cronenberg – Humanité(Humane)
- 2025 : Francis Lawrence – Marche ou crève
- 2025 : Edgar Wright – Running Man
En bande dessinée
- 1982-1990 Katsuhiro Ōtomo, Akira
- 1990-1998 Yukito Kishiro, Gunnm
- 1980-1993 Enki Bilal, Trilogie Nikopol
- 1981-1989 Moebius, Incal
- 1982 Chantal Montellier, Wonder city, Paris, Les Humanoïdes Associés, 1982
- 1984-1986 Griffo et Jean Van Hamme, SOS Bonheur
- 1989-1990 Alan Moore, V pour Vendetta [« V for Vendetta »], 1989 – 1990
- 1996 John Wagner, Carlos Ezquerra, Judge Dredd
- 1997-2002 Warren Ellis, Transmetropolitan
- 1998-2007 Enki Bilal, La Tétralogie du Monstre
- 2003-en cours Robert Kirkman, Walking Dead
- 2005-2012 Motorō Mase, Ikigami, préavis de mort
- 2008 Yalçin Didman, Moins quatre-vingt
- 2016 Mathieu Bablet, Shangri-la
Dans les jeux vidéo
- Homefront
- Metal Gear Solid 4: Guns of the Patriots
- Oddworld : L’Odyssée d’Abe
- Bioshock et Bioshock 2
- Half-Life 2
- Deus Ex
- Mirror’s Edge
- Metro 2033 (inspiré du livre du même nom)
- La série Fallout
- Rage
- Remember Me (2013)
- Papers, Please (2013)
- Beyond Good and Evil (2003)
- Enslaved: Odyssey to the West (2010)
- Perfect Dark (2000)
- Not For Broadcast (2020)
- Cyberpunk 2077 (2020)
En musique
- L’univers du groupe de rock anglais Muse est inspiré fortement par la dystopie.
L’album The Resistance est imprégné de 1984 de George Orwell avec des musiques telles que United States of Eurasia ou encore Resistance.
Ce n’est pas la seule référence à ce livre d’ailleurs puisqu’en 2001, sort l’album Origin of Symmetry, avec notamment la chanson Citizen Erased.
Muse réitère ses références avec l’album The 2nd Law, où le clip de Madness est très largement inspiré de l’histoire entre Julia et Winston dans 1984.
Les clips fatalistes de The 2nd Law : Unsustainable / Isolated System montrent aussi un monde à l’aube d’un futur sombre. - Le cinquième album du groupe de rock anglais Coldplay, intitulé Mylo Xyloto (2011), raconte une histoire d’amour entre deux personnages fictifs évoluant dans un environnement urbain dystopique.
- Le quinzième album du groupe de thrash metal Megadeth s’appelle Dystopia et contient une chanson portant le même titre.
Les textes de groupe font souvent référence à la guerre (Peace Sells… but Who’s Buying?), à la fin du monde (Countdown to Extinction), et au maintien de la population dans l’ignorance (leur mascotte Vic Rattlehead) qui sont des éléments clés d’un dystopie. - Le treizième album du groupe de Metal progressif Dream Theater, The Astonishing, est un opéra-rock se passant dans un monde dystopique.
L’histoire se situe dans 300 ans dans un monde gouverné par des tyrans.
La musique y est désormais produite par des Nomacs, de petits drones qui produisent de la musique électronique et la « vraie » musique a disparu.
Dans ce monde, un jeune homme naît avec le don de la musique qui inspirera une rébellion. - La chanson Dystopia du groupe B.A.P, sur l’album Rose, évoque la réalité comme un univers dystopique et invite chacun à se créer sa propre utopie.
- Le clip vidéo de la chanson N.O du groupe BTS, tirée de l’album O!RUL8,2?, se passe dans une dystopie où le groupe se rebelle contre un système éducatif strict et militarisé, critiquant ainsi le système éducatif sud-coréen.
- La chanson NIHIL du chanteur Ghostemane, provenant de l’album N/O/I/S/E/, parle de sa façon de voir le monde d’aujourd’hui : une société nihiliste et une dystopie continue qui nous rassemblent tous dans un univers sombre (K.R.E.E.P.).
- Dreamcatcher a réalisé une trilogie d’albums autour de la dystopie : Dystopia : The Tree of Language, Dystopia : Lose Myself et Dystopia : Road to Utopia.
Dans les séries télévisées
- [Dossier] Les dystopies dans la littérature mais pas que … - 05/04/2026
- Les Carnets de l’Apothicaire - 30/03/2026
- Mr. & Mrs. Smith - 25/03/2026
