[Philosophie] Loi de Brandolini et Désinformation

Encore et toujours un article sur le scepticisme, aujourd’hui ce sera sur …. la loi de Brandolini !
On y a eu pas mal droit ces derniers temps, notamment avec la covid19, les vaccins etc, etc.
Toujours repris de wikipedia

La loi de Brandolini ou principe d’asymétrie des baratins est un adage ou aphorisme énonçant que « la quantité d’énergie nécessaire pour réfuter des idioties est supérieure d’un ordre de grandeur à celle nécessaire pour les produire ».
Ce principe critique la technique de propagande qui consiste à diffuser de l’infox en masse, afin d’exploiter la crédulité d’un certain public en faisant appel à son système de pensée rapide, instinctif et émotionnel.

Pour le dire simplement : s’il est facile de créer une fausse information, sur le fond et la forme, en quelques minutes, il faudra probablement plusieurs heures pour démonter chaque point et montrer ainsi la fausseté de l’ensemble.

# Historique

Le principe est formulé publiquement pour la première fois en janvier 2013 par le programmeur italien Alberto Brandolini, puis rendu célèbre, après la publication sur Twitter d’une photo montrant une diapositive d’une présentation effectuée par Brandolini lors de la conférence XP2014 organisée par l’Agile Alliance, le 30 mai 2014.

Dans ses Lettres sur l’infidélité, George Horne écrit en 1786 :

« La stupidité et l’ignorance peuvent poser une question en trois lignes, à laquelle trente pages de savoir et d’ingéniosité seront nécessaires pour répondre. Une fois cela fait, la même question sera triomphalement posée à nouveau l’année suivante, comme si rien n’avait jamais été écrit sur le sujet. (Pertness and ignorance may ask a question in three lines, which it will cost learning and ingenuity thirty pages to answer. When this is done, the same question shall be triumphantly asked again the next year, as if nothing had ever been written upon the subject.) »
— George Horne

Cette réflexion peut se rapprocher de l’aphorisme cité par Lénine dans sa Lettre aux Camarades, à la différence que l’aphorisme porte sur les questions d’un imbécile et non les idioties qu’il peut affirmer :

« Un imbécile peut poser à lui seul dix fois plus de questions que dix sages ensemble ne sauraient en résoudre. »
— Lénine

Une réflexion similaire avait été formulée par le passé, mais elle se concentrait davantage sur la vitesse de propagation que sur l’idiotie, alors que le propos de Brandolini s’intéresse à la difficulté de réfuter.

Cette loi expérimentale est à rapprocher de la citation de Benjamin Disraeli qui donne une estimation approchante :

« Les livres sont le fléau de l’humanité. Les neuf dixièmes des livres existants sont des inepties, et les livres intelligents ne sont que la réfutation de ces inepties. »
— Benjamin Disraeli

# Intérêt

Il ressort de cet adage que la désinformation a un avantage important sur la vérité, car rétablir la vérité est particulièrement coûteux.

Ce principe est l’une des raisons pour lesquelles il ne faut pas renverser la charge de la preuve.

# Applications

Le phénomène est amplifié par le développement des réseaux sociaux.
La démarche initiale est le « scoopisme » : « baratins et racontars, souvent alarmistes et complotistes, ont le vent en poupe, à la faveur des médias sociaux qui diffusent avec d’autant plus de célérité les informations que celles-ci paraissent choquantes, ou aller à contre-courant des conventions ».
Il touche notamment la communauté scientifique qui n’a pas les moyens de combattre tous « les mensonges et les inexactitudes » diffusées sur le web mais devrait selon le biologiste Phil Williamson, exploiter la puissance d’internet pour créer des systèmes de notation modérée s’appliquant à des sites Web qui prétendent apporter des informations scientifiques.

Cette technique de propagande s’apparente au « Gish gallop » (une expression de l’anthropologue américaine Eugenie Scott pour fustiger la rhétorique du créationniste Duane Gish), « une technique de débat qui consiste à noyer son adversaire sous un déluge d’arguments inconsistants ».

Elle s’apparente aussi au « millefeuille argumentatif »

# Désinformation

La désinformation est un ensemble de techniques de communication visant à tromper des personnes ou l’opinion publique pour protéger des intérêts (privés ou non) ou influencer l’opinion publique.
L’information fausse ou faussée est à la fois « délibérément promue et accidentellement partagée ».
Elle est parfois employée dans le cadre des relations publiques.
Le sens de ce mot, apparu au dernier quart du XXe siècle et proche des termes propagande, canular et rumeur, connaît des variations selon les auteurs.
Les anglophones parlent aussi de « hoax », terme que l’on retrouve aussi dans certaines sources francophones. L’agnotologie étudie la fabrique de la désinformation ou de l’ignorance.

Histoire

Les premières techniques de désinformation sont décrites dans L’Art de la guerre de Sun Tzu (IVe siècle av. J.-C.).
C’est au XXe siècle qu’elles seront systématisées à grande échelle, durant les guerres mondiales et la guerre froide notamment, avec la création de services spécialisés.

Dans le domaine de la presse, le principe de protection des sources d’information des journalistes permet théoriquement de décourager la désinformation, en facilitant le recoupement et la vérification des informations diffusées, par le questionnement d’autres sources d’information, dont l’identité est également vérifiée, mais pas divulguée.
Cette démarche prend cependant un certain temps.

La manipulation de l’opinion publique a fait l’objet de recherches dès le début du XXe siècle.
Le journaliste américain Walter Lippmann en parle dans son livre Public Opinion (1922), ainsi qu’Edward Bernays dans Propaganda (1928).
Alors que Lippmann emploie l’expression fabrication du consentement, Bernays emploie le terme de propagande.

Différentes formes de désinformation

Propagande
En temps de crise et surtout de guerre, les belligérants (étatiques ou non-étatiques) usent souvent de propagande pour servir leurs intérêts.
La création de fausses informations est relativement courante, l’un des exemples récents étant l’affaire des couveuses au Koweït où un faux témoignage devant une commission du Congrès des États-Unis organisé par une compagnie de relations publiques a contribué à ce que l’opinion publique internationale soutienne l’action des puissances occidentales.

« Faux »
L’utilisation de faux documents et/ou de faux témoignages, destinés à semer des doutes ou à accréditer une thèse, est l’une des méthodes de désinformation les plus répandues.

Au Moyen Âge, la fausse donation de Constantin a ainsi permis au pape Sylvestre Ier de se prévaloir de territoires et de privilèges sur la base d’un document apocryphe.
Pendant l’affaire Dreyfus, le colonel Henry falsifie des documents et en crée de toutes pièces, comme le fameux « faux Henry », pour accabler indûment Alfred Dreyfus.

Au début du XXe siècle, la propagande russe rédige puis publie les Protocoles des Sages de Sion pour prouver que les Juifs avaient mis au point un programme pour anéantir la chrétienté et dominer le monde.
Ce texte est utilisé pour la propagande antisémite du Troisième Reich et l’est encore par des intégristes musulmans.
Dans la mesure où on a remplacé par le mot « juifs » l’expression « milieux financiers » de l’ouvrage de Maurice Joly Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu (les Protocoles n’en conservent que les tirades de Machiavel), il s’agit même d’une double désinformation.

La grande époque de la désinformation moderne commence après-guerre avec les agents d’influence et les campagnes médiatiques de la guerre froide, comme l’affaire Victor Kravtchenko et celles des époux Rosenberg, certains officiers traitants allant même jusqu’à fournir les brouillons d’articles aux journalistes ou écrivains, compagnons de route des partis communistes.

L’argumentaire de lancement de la seconde guerre du Golfe mentionnait des « preuves » de l’existence d’armes de destruction massive en Irak qu’on n’y trouva jamais.

Plus récemment, c’est un fichier bancaire falsifié qui est au centre de l’affaire Clearstream 2, destinée à mettre en cause des personnalités politiques françaises.

Des sites se présentant comme des agences de presse, tel AWD News, présentent des articles mensongers reliés par les réseaux sociaux dans un but de propagande ou de manipulation de particuliers et d’États.

Ces faux documents, présentés par leurs instigateurs comme authentiques, ont pour but de désinformer leur cible en s’appuyant sur des éléments fictifs ou sur des contrevérités.

Fake News (infox)
La Fake news ou fausses nouvelles et infox en français est un néologisme apparu à l’ère d’Internet, des réseaux sociaux et de la surabondance informationnelle.
La fake news est une notion qui reste encore polysémique et sujette à débat quant à son origine, son étymologie et sa définition.
La fake news est performative, son intention est de manipuler, de tromper.
Elle doit paraître plausible pour susciter l’adhésion, en ce sens elle imite le style journalistique.
Une autre de ses caractéristiques principales et qu’elle révèle sa source afin d’éviter les démentis.
Ainsi, elle peut paraître d’autant plus vraisemblable.

Sondages
Les limites méthodologiques des sondages pourraient être utilisées à des fins de désinformation : les biais d’échantillonnage, les « effets de halo », et effets de cadrage (formulation des questions), et l’impossibilité théorique de calculer une précision lorsque l’on ne dispose pas d’une base de recensement, rendent en effet leurs résultats imprécis.

Canulars informatiques
Ce sont de fausses nouvelles propagées sur Internet.
Le phénomène est tellement important qu’il a permis le développement de sites de référence sur les rumeurs (HoaxBuster.com, etc.), dédiés à la classification des récits qui circulent sur internet et à la vérification de ces informations. Beaucoup de sites de référence ont aujourd’hui des audiences impressionnantes.

Rumeurs
Les rumeurs, dont l’origine et l’authenticité sont sujettes à caution, sont souvent utilisées pour tromper l’opinion et l’amener à justifier des actions ou des décisions politiques.
Un des exemples les plus célèbres concerne le régime nazi, qui utilisera des fausses rumeurs pour lancer la « nuit des Longs Couteaux », inventant d’abord une tentative de coup d’État pour justifier l’opération contre les SA, puis une affaire de haute trahison.

Plus récemment, à la suite d’une vraisemblable erreur de traduction de l’agence d’information officielle iranienne, certains médias occidentaux et responsables politiques ont continué à propager une rumeur selon laquelle le président iranien Mahmoud Ahmadinejad aurait déclaré lors d’un discours le 25 octobre 2005 à Téhéran qu’il fallait « rayer Israël de la carte ».

Dans les milieux économiques, des rumeurs peuvent artificiellement faire monter ou baisser le cours des actions.
Ainsi une rumeur infondée selon laquelle le médicament Lantus, antidiabétique dont le brevet était détenu par Sanofi serait cancérigène a abaissé le cours de l’action Sanofi pendant plusieurs mois.

Les rumeurs font partie des « huit sources d’informations d’apparence scientifique » mentionnées par Florian Gouthière dans Santé, science, doit-on tout gober ?.

Florian Dauphin énonce le fait que pour susciter l’adhésion, la rumeur doit être plausible, être une histoire racontée comme vraie mais non vérifiée.
C’est une nouvelle informelle avec une source anonyme.
La rumeur n’est pas forcément fausse : elle se caractérise par le fait que l’information va à l’encontre de l’information officielle.

En 2022, selon Mandiant, un cabinet de conseil en cybersécurité américain, un groupe gouvernemental pro-chinois s’est fait passer pour des militants écologistes sur des plateformes de médias sociaux dans le but de saper les producteurs de terres rares aux États-Unis et au Canada.
Le groupe à l’origine des attaques, connu sous le nom de Dragonbridge, aurait utilisé de faux comptes Facebook et Twitter pour affirmer qu’une raffinerie de terres rares financée par le gouvernement américain au Texas en cours de construction par le groupe australien Lynas Rare Earths « exposerait la région à des dommages environnementaux irréversibles » et à une « contamination radioactive ».
Mandiant décrit Dragonbridge comme un « réseau pro-République populaire de Chine (RPC) ». Selon Albert Zhang, un expert en cyberpolitique, ces opérations d’information font « partie d’un effort coordonné plus large visant à saper les tentatives démocratiques de réduire la dépendance aux exportations chinoises de terres rares. » Dragonbridge a attiré l’attention de Mandiant pour la première fois en 2019 avec des campagnes sur les réseaux sociaux sur Facebook, Twitter et YouTube contre les manifestations antigouvernementales à Hong Kong.
Le groupe s’est depuis diversifié dans divers domaines, notamment la pandémie de Covid-19 et la politique américaine. Dragonbridge utiliserait ainsi des faux comptes de médias sociaux et de forums, y compris certains se faisant passer pour des résidents du Texas pour feindre de s’inquiéter des problèmes environnementaux et de santé entourant l’usine.

Partialité
Le théoricien de la communication britannique Denis McQuail distingue quatre types de partialité : partialité volontaire et ouverte (cas du journalisme engagé, de l’éditorialiste) ; partialité volontaire et masquée (cas du journalisme de propagande) ; partialité involontaire et ouverte (cas des journalistes s’intéressant à un type de nouvelles) ; partialité involontaire et masquée (cas du journalisme empreint d’idéologie).

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Waha

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